Marcel, trouveur d’un monde meilleur

Posted on: 3 août 2014, by :
marcel sur la plate-forme du Trapèze volant

De la campagne à la ville ; de la Poste au cirque

Marcel Buffet, trouveur d'un monde meilleur
Marcel Buffet, trouveur d’un monde meilleur

 Un long voyage et un parcours atypique ont conduit, il y a quatorze ans, Marcel Buffet à s’installer à Argenteuil. Découverte d’un artiste aux talents multiples qui manie aussi bien la plume, les mots, le rire, les airs que le bonheur et l’humanisme.

Marcel voit le jour à Paray-le-Monial dans le Charolais, au sud-ouest de la Bourgogne, le 15 octobre 1960. Élevé dans la ferme familiale, il participe aux travaux des champs et de la vigne. Il se souvient de cette horrible piquette qu’il fallait allonger d’eau pour qu’elle soit buvable. Et garde au cœur le souvenir de ces moments de solidarité et de convivialité lorsque chaque fermier venait aider ses voisins à moissonner. La chaleur des grands repas et de la fête.

Petit, il rêve de devenir gardien de but ou prof de gym. Toujours premier de la classe, il est aussi « président du club des paumés, car toujours dans la lune ». Sa place préférée : au fond de la classe, près du radiateur pour avoir chaud l’hiver, et de la fenêtre pour rêver. « On respectait le maître. Il transmettait le savoir. »

Puis, le CES. Et le lycée, en internat. Après une seconde C – Marcel aime les maths -, une 1ère et une terminale D, passées à jouer au foot et aux échecs pendant les cours de français, « j’ai loupé le bac, brillamment. Mes objectifs étaient autres. J’avais réussi deux concours de la Poste. »

De la campagne à la ville

Tout juste âgé de 19 ans, il débarque à Paris, plus exactement à Villeneuve-le-Roi, où le bureau de poste l’accueille. Le jeune Bourguignon, un peu perdu, loin de sa famille, découvre très vite la liberté. « J’habitais un magasin désaffecté avec une vitrine. » Il se souvient des parties de tarot avec ses collègues, des restos, de la solidarité. Et des bonnes relations entre les syndiqués, quelle que soit leur appartenance.

Puis, départ à l’armée, sans aucune conviction. Ses excellents résultats aux tests, lors des trois jours, l’amènent à faire l’école des officiers de réserve, dans l’artillerie. Les pires moments de sa vie. Après le service militaire, il retrouve Villeneuve-le-Roi, avant d’aller au centre de tri de Nanterre. « Deux années de rêve. C’était l’après 81, avec une espèce d’effervescence et d’insouciance. On y croyait. Dommage que les syndicats aient arrêté d’être rebelles et combatifs ! »

Le tri n’est pas sa tasse de thé. Direction la cantine des PTT. Tout d’abord à la plonge, puis au bar, au service, en cuisine et, enfin, à la gestion « On y mangeait fort bien pour peu cher. » L’association sportive, très active, lui permet de faire du sport tous les jours : tennis, rugby, foot. Vive le sport !

 Premiers écrits, premières chansons

1987. Naissance d’Amaury, son fils. Un tournant dans sa vie. « J’ai commencé à écrire des mots, des phrases et ma première nouvelle sur un monde idéal où tout le monde gagne bien sa vie. » En 1988, il écrit une histoire dans laquelle l’équipe de France de football devient championne du monde. Dix ans plus tard, elle le sera. Et crée, à cette époque, l’Association nourricière d’aide à la recherche créatrice de l’homme insoumis écologiste, « Anarchie ».

Puis, avec un collègue, qui possède un magnétophone à quatre pistes, « nous mettons en musique mes textes et enregistrons, en un mois, quinze chansons rock, sur la pollution, l’armée, la société… » « Aujourd’hui, ajoute-t-il, finis les hurlements de colère dans le micro. Après avoir chanté l’amour de la révolte, je chante la révolte de l’amour. »

En 1993, il décide de prendre un congés-formation afin d’apprendre le chant, la danse, l’histoire de l’art et le théâtre au « Forum du mouvement », à Paris. « Mario Litwin m’apprend à construire une mélodie. Je le remercierai toute ma vie. Pour la première fois, je vis de mon art. »

Toute une production s’ensuit : des chansons, des sketches, des spectacles, des poèmes en vers, des nouvelles, une pièce de théâtre. « Je chantais tous les jours. C’est ressourçant. » Souvent sur les bords de l’étang du château de la Chasse dans la forêt de Montmorency, ou de la Seine. Mais aussi dans les églises où « la sonorité et l’acoustique sont magnifiques. » « Et si les enfants lâchaient leur game-boy pour chanter ? », suggère l’artiste.

Chanteur et compositeur, il produit plusieurs clips : sur le rugby, le monde des gueux, ou encore sur sa rencontre avec une sirène…Tous remplis de force et de poésie.

 À la découverte des arts du cirque

1998, autre tournant. Marcel part au Maroc avec, Manu, un ami percussionniste « qui voulait que je devienne porteur au Trapèze compte tenu de ma morphologie. Dans ma tête, le monde du cirque était inaccessible. En rentrant, il a insisté pour que je vienne à un cours. La première expérience n’est pas brillante. Mais j’ai aimé les ambiances de fête. Et pour la première fois je pratiquais un sport mixte. Pas désagréable ! » Il apprend les arts du cirque à l’école des Arènes de Nanterre, « Les Noctambules », dirigée par Michel Novak. Jonglerie, pratique extrêmement difficile, acrobatie, mime deviennent son quotidien. « La jonglerie, explique Marcel, a l’avantage de rendre ambidextre et d’élargir le champ visuel. C’est un vrai combat : en spectacle, il ne faut rien laisser tomber. L’acrobatie apprend à tomber sans se faire mal, comme un chat. Avec le mime, on se fait comprendre par le monde entier. »

Avec Laurent, son prof, ils montent une association, « Le Globe Trottoirs Circus », et fabriquent leur chapiteau. « On l’a monté la première fois à Nanterre, puis, lors de notre première tournée d’été, en Bourgogne, chez mes parents. Mon fils était là et a énormément appris. » Moments émouvants que de faire rêver et rire les spectateurs. Juste retour ! « Il faut travailler chaque numéro à fond ; y faire entrer des gestes quotidiens. Lors d’un numéro, ma partenaire et moi étions assis sur le trapèze et nous nous lavons les dents. C’est le passage qui a vraiment marqué le public. »

Le Trapèze Volant : une nouvelle vie

Deux ans plus tard, rencontre avec le Trapèze Volant, à Verneuil. « Comme tout le monde, j’ai eu très peur en arrivant sur la plate-forme. Mon premier saut a changé ma vie. »

Et quand on lui demande à quel âge on peut commencer le trapèze, il répond : « Robert a commencé à 71 ans. Moi, à presque 40 ! ». Et préconise un âge minimum, douze ans. « C’est vraiment une discipline d’adultes, merveilleuse humainement, car se joignent le physique et l’émotionnel, et que tout le monde peut pratiquer, y compris un aveugle ou un paraplégique. Au début, il faut surtout une grosse dose d’écoute. Chez les ados, ceux qui écoutent réussissent le mieux. » Et, avant tout, se faire plaisir !

Si Marcel aime les spectacles de Trapèze Volant, il aime aussi animer les séances d’initiation, « accueillir les débutants, les rassurer pour qu’ils se lancent, leur montrer qu’on peut s’envoler, en toute sécurité. » Câbles, mousquetons, cliquets, pinces, sangles sont vérifiés, chaque fois. Et, en retour, il ressent avec force le bonheur et les émotions qui se dégagent. « Un jour, raconte-t-il une jeune fille a mis vingt minutes avant de s’élancer dans l’air. Il a fallu la rassurer. Une vraie leçon de patience. Quand elle a trouvé le courage de la faire, j’ai reçu le plus beau regard qui m’ait été donné de (rece)voir. Quinze jours plus tard, elle faisait partie du spectacle. Sa vie a été transformée ! »Trapèze Volant - Funambulie - Mars-Ailes - Marcel aux longes - mai 2015

Pour lui, il faudrait installer une barre dans toutes les maisons et appartements pour s’étirer, se muscler… « Notre corps nous emmène jusqu’à notre mort », aime dire Marcel. « Toutes les villes devraient accueillir un Trapèze Volant, véritables ailes du bonheur. » Et qui fait rêver. « J’ai cette chance de faire rêver les autres».

Au nombre de ses projets, toujours nombreux, il envisage, avec un ami, d’acquérir un terrain pour planter un chapiteau et y accueillir des spectacles de cirque et de Trapèze Volant, bien sûr, mais aussi des spectacles de théâtre, chansons, musique, et pourquoi pas des forums. Professionnels, amateurs, associations, y seraient les bienvenus.

D’Argenteuil à Soulaires

Marcel a trouvé son terrain à Soulaires dans l’Eure-et-Loir, grâce à Aurélien Falkowska, directeur du Cirque en équilibre, propriétaire de l’arrOndi et du magnifique lieu sur les berges de l’Eure où il a élu domicile avec l’association Mars-Ailes en 2014.

« Il a fallu aménager  le terrain, installer la structure de Trapèze Volant et les agrès de Funambulie. » Le résultat est magnifique. Il accueille depuis sa création de nombreuses et nombreux adeptes de ces deux arts du cirque pour le bonheur de toutes et tous et… le sien.

Marcel et ses chansons
Marcel et ses chansons

La convivialité, la musique, les chansons sont au rendez-vous.

Marcel, un trouveur et partageur de bonheur amoureux des airs, et un lieu à découvrir absolument.

Évelyne Aymard

 

 

Mars-Ailes, Compagnie d’Artistes Amoureux des Airs

Tél. : 06 07 52 36 43CD Marcel 001

Mail : trastaroute@gmail.com

Site : www.marsailes.com

www.dailymotion.com/marsailes/video/4104928

« Nos artistes ont du Talent »

Le champ du coq – Marcel Buffet et son équipe

La ballade du roi des gueux – Marcel Buffet et son équipe

 

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